L’ambassade des États-Unis au Burkina Faso, en collaboration avec Agribusiness TV a organisé une discussion autour du livre « c’est ça, le marketing » de Seth GODIN le 23 juin 2022. Ce rendez-vous du donner et du recevoir s’est tenu à Ouagadougou en présence de 18 entrepreneurs agricoles.

Premières impressions

Étant impliqué dans l’organisation de l’événement, j’ai été invitée à prendre part aux discussions. Les entrepreneurs ont eu un peu plus d’une semaine pour lire le livre avant la discussion.  Une fois dans la salle, j’étais assise en bout de la table et je me demandais ce que j’allais dire sur ce livre de Seth GODIN que j’avais à peine feuilleté par manque de temps. La salle était silencieuse. À voir de plus près, certains en profitaient pour rattraper les quelques pages à terminer.

Lancement des discussions

Il est 17h, le maître des lieux nous donne le signal que nous pouvons commencer. Inoussa MAIGA, Directeur éditorial de Agribusiness TV était choisi pour modérer les échanges. Après de brèves présentations des participants et de leurs entreprises, Yennenga KOMPAORÉ, entrepreneure agricole et écrivaine, nous avoue qu’elle connaissait déjà l’auteur, un spécialiste du marketing, qu’elle a découvert à travers quelques vidéos qu’elle avait regardées. « Je n’ai pas hésité à m’inscrire pour découvrir Seth GODIN à travers un livre », nous a-t-elle dit.

C’est quoi le marketing ?

Le modérateur du jour donne ensuite le ton avec cette question, « c’est quoi le marketing ? ». C’était une occasion pour chacun de donner la définition qu’il a retenu du livre. Je n’ai lu que les premières pages, mais j’ai compris des réponses de chaque entrepreneur que le marketing vient répondre à un besoin humain. Le marketing ne sert pas à vendre un produit, mais à offrir un service. Il prend également son sens dans la qualité du produit que nous proposons aux autres. Quand un produit est de qualité, il parle de lui-même, car un seul client satisfait recommande facilement le produit à quelqu’un qui le recommandera à son tour.

Le bouche à oreille plus efficace ?

Ce n’est pas du mensonge. Le marketing ne doit pas s’adresser à tout le monde, mais à un public bien précis. On ne doit pas le confondre avec la publicité. À ces propos, Atobine NEBIE, promoteur de TZ Store et TZ Grill renchérit : « quand je lançais TZ Grill, j’ai fait une publication sur Facebook pour en parler. Cette publication a généré mon plus grand taux d’interaction. Mais, à ma grande surprise, je n’ai pas eu de commande venant de cette publicité sur ce réseau social. Quand je demandais à mes clients, ils venaient juste par recommandation d’un client, auparavant satisfait de mon service de grillade ». Après ces définitions, les agripreneurs ont continué sur ce volet de publicité et marketing pour donner leurs avis partagés sur la question.

Avoir un petit marché viable

Suite à ce riche échange qui a lancé les discussions, M. MAIGA pose la question de savoir ce qui avait désormais changé dans leur pensée sur le marketing. Nestor SAWADOGO, promoteur de « Tilligré Agro » dit : « il faudra revenir aux fondamentaux, c’est-à-dire entretenir la relation de façon continuelle avec ses partenaires, car une fois que la relation est établie, les clients reviennent toujours ». En clair, le marketing doit être basé sur le relationnel. Quant à Lionel Brice SANKARA, promoteur de Sankara Agro : « il faut amener les prospects à aimer le produit, plutôt qu’à l’acheter immédiatement, car une fois qu’ils aiment le produit ou le service, les clients vous poursuivront pour l’avoir ». Seth GODIN avait écrit dans son livre qu’il faut rester focus sur le petit marché viable et c’est le conseil que compte adopter la promotrice de « Green Box », Mireille BAKAWAN.

Adapter le marketing au contexte africain

Après deux heures de discussions, Yennenga KOMPAORE nous revient sur le titre même du livre intitulé, « c’est ça, le marketing ». Il aurait pu être intitulé : « ça pourrait être ça, le marketing ». Pour elle, le livre n’exprime que la pensée de Seth GODIN et il ne saurait s’adapter à certaines réalités ou contextes comme les nôtres. Le modérateur va plus loin dans ces propos en appuyant que le titre est dictatorial, car le marketing peut être différent dans des différents contextes. De ce fait, l’auteur ne peut affirmer que « c’est ça, le marketing ».

Documenter nos expériences

De plus, Yennenga KOMPAORÉ a ajouté que lors de ces types de rencontres, les connaissances sur un tel sujet devraient être capitalisées. « On a tellement d’expériences réussies dans notre contexte africain, qu’on pourrait mettre dans de petits livres qui pourront être utiles. Pourquoi pas, un livre de marketing, écrit par des africains pour parler des réalités africaines, avec un titre comme « c’est ça, le marketing en Afrique », par exemple ».

Le marketing, pour moi

Les discussions très riches ont duré deux heures sans que nous nous en rendions compte. Si nous l’avions voulu, nous aurions pu parler du sujet toute la journée, mais il était temps de clore l’événement et tous les participants sont sortis avec leur propre définition ou adaptation du marketing dans leurs différents contextes. Pour moi, le marketing doit répondre au besoin d’un public spécifique. On doit rester à l’écoute pour développer et adapter notre produit ou service.

Félicité KOUMBÉRÉ